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Babble | Nuke

Babble

Ruiz Stephinson

Du 20 novembre 2014 au 31 Janvier 2015

Aware of the contemporary situation they find themselves in, Coralie Ruiz and Anthony Stephinson introduce their first exhibition at Galerie Nuke, Babble. Here, what the title evokes is a world that rambles on without cease; one that is particularly vocal in cultural contexts, where endless expressions as such are consecrated daily in towering structures of visuality and meaning.

Sensible à la situation actuelle dans laquelle ils se trouvent ; Coralie Ruiz et Anthony Stephinson présentent Babble, leur première exposition à la Galerie Nuke. Ce titre évoque un monde qui n’a de cesse de déblatérer ; un monde particulièrement bavard dans des contextes culturels, où tous les jours, d’infinis effets de langage servent à imposer des structures sémantiques et visuelles.

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Aware of the contemporary situation they find themselves in, Coralie Ruiz and Anthony Stephinson introduce their first exhibition at Galerie Nuke, Babble. Here, what the title evokes is a world that rambles on without cease; one that is particularly vocal in cultural contexts, where endless expressions as such are consecrated daily in towering structures of visuality and meaning. The practice of Ruiz Stephinson, notably structured around open-source ideologies and experimentations with digital platforms, allows us to envision these structures as best represented by the accumulative space of the Internet: an endless column built on the expressive and emotive exchanges of people, notably in evermore deconstructed linguistic forms.

The visual language of Ruiz Stephinson thus presents itself in subtle egalitarianism, as the gallery space is divided amongst symmetrical towers of lightly glazed ceramic pots standing stoically around. Here, the visual language of the Internet is brought to its final iteration: the sculptures appear like consecrated aetiologies—or overgrown monuments—for the narrative of exchange that has pervaded the 21st century. At that, the relation to modernism is not left unnoticed: the works are as much architectural elements as they are monuments, demarcating our pervasive engagement with the immaterial, and the complexity of its conversation. Similarly, fragments of broken code and file, printed on toxically coloured plexiglas, signal towards the apotheosis of modern times; their fragmented portions of language are designated as the total sum of our achievements, an immaterial jumble that is the fall-out of our generation. At that, the neon hand glowing out of a window, suggests that the helping hand extended by digitalization may one day become obsolete.

Ultimately, if it lies within the works to point out the possible meltdown of the Internet’s infrastructure, and the consequences of our reliance on it, it is also the intent of Ruiz and Stephinson to offer a counter-solution. Atop the objects, cookies are offered for consumption, each bearing within a strange and evasive prompt, a fortune for post-digital times. Placed atop some of the shorter columns in the space, the gesture is undeniably optimistic, with the focus shifting from a pervasive sense of finality to something more open-ended. This, in its own course, brings the work into an even closer proximity to the endless columns of Brancusi: the continuous and indiscriminate babble of our Twitter-feeds, search engines and browser histories declares its ultimate materiality in our consumption of its offerings, suggesting that the system that underlies it, is a result of our own making. By understanding this complicity, we are given the capacity to disambiguate our narrative entanglement in digital spheres, suggesting in a tongue-and-cheek way, for idle critics to eat their own words.

 

 

Sensible à la situation actuelle dans laquelle ils se trouvent ; Coralie Ruiz et Anthony Stephinson présentent Babble, leur première exposition à la Galerie Nuke. Ce titre évoque un monde qui n’a de cesse de déblatérer ; un monde particulièrement bavard dans des contextes culturels, où tous les jours, d’infinis effets de langage servent à imposer des structures sémantiques et visuelles. Le travail de Ruiz Stephinson, s’articule notamment autour des idéologies open-source et des expérimentations via des plates-formes numériques et nous permet d’appréhender au mieux ces structures en représentant l’espace d’accumulation qu’est Internet : une source intarissable, alimentée par les échanges communicationnels et émotionnels des gens, dans des formes linguistiques toujours plus déstructurées.

Le langage visuel de Ruiz Stephinson s’inscrit dans un équilibre subtil, à l’instar de ces tours en céramique émaillée, érigées symétriquement et stoïquement dans l’espace de la galerie. Ici l’imagerie de l’Internet est poussée à son itération finale : les sculpture s’érigent telles des figures étiologiques – des monuments revenus à l’état de nature – gangrénés par ce flux narratif qui submerge le 21ème siècle. La relation au modernisme n’est pas à négliger : ces œuvres sont autant d’éléments architecturaux, de constructions qui viennent restreindre notre irrationnel engagement envers l’immatérialité et la complexité des modes de communication qu’elle suppose. De même, les fragments composites de codes et d’images imprimés sur des plexiglas fluorescents témoignent de cette apothéose des temps modernes; ces bribes de langage proclament notre couronnement, dans un magma impondérable, propre à notre génération. Enfin s’extrayant de la vitrine, une main en néon lumineux rouge nous invite à penser la possible obsolescence de la digitalisation.

Pour conclure, s’il semble émerger de ces œuvres le sentiment de la déliquescence des infrastructures liées à Internet et notre dépendance face à elles, l’intention de Ruiz Stephinson est avant tout de proposer une alternative. Sur le haut des sculptures, des cookies sont offerts à la consommation, chacun porteur, dans une prose étrange et évasive, d’un présage pour des temps post-digitaux. Placés au sommet des colonnes, au milieu de l’espace de la galerie, le message demeure indéniablement optimiste, détournant notre attention de ce sentiment de fin irrévocable vers quelque chose de plus hospitalier. Les oeuvres rappellent ainsi, à leur manière, les interminables colonnes de Brancusi; le gazouilli indifférent et continu des comptes Twitter, des moteurs de recherches et des navigateurs y révèle sa nature même, dans la consommation que nous faisons de ce qu’elle nous offre, suggérant ainsi que le système qui le génère n’est autre que le résultat de notre propre création. En exposant cette connivence, il nous est offert la possibilité de mettre à nu notre enlisement dans ces sphères digitales tout en rappelant, de façon ironique, à ses pâles détracteurs de ravaler leurs propres mots.